Arrêt Linafoot : les grands gagnants et les grands perdants

Vous le savez depuis ce samedi, les clubs de la Ligue Nationale de Football ont opté pour un arrêt définitif du championnat cette saison. Une décision qui fait suite à la pandémie du Covid-19 qui ravage le monde, en particulier le paysage footballistique, et la demande de la CAF à ses associations membres pour évaluer la possibilité ou non ce continuer.

En prenant l’option la plus facile, arrêter le championnat, les clubs ont condamné définitivement la saison même si c’est à la FECOFA de prendre la décision finale. En cas d’homologation du choix des clubs, certains seront des grands gagants et d’autres perdaient une saison prometeuse.

Les grands gagnants de l’arrêt de la Linafoot : AS Vclub et les non relégués

En premier rang on penserait au champion, le TP Mazembe. Les Corbeaux seront vainqueurs de la Linafoot pour la deuxième fois d’affiler et empochent leur titre national. Cependant, à y voir de plus près, c’est son dauphin, AS Vclub qui sort avec le gros lot du choix de mettre fin à la saison 2019-2020 en gelant le classement (le retenir tel qu’il était au 16 mars). Car si les Moscovites (2e, 48 pts) finissent second au tableau, synonyme d’une qualification en Ligue des Champions, d’autres clubs prétendaient à cette place…avec plus de légitimité. Le club de Florent Ibenge, à la ramasse lors de la phase aller, a sû se raissaisir dès le début de la mâche retour (6 victoires et 2 nuls en 2020). Bien lui en a pris car les Nzombo le Soir se retrouver sur un fauteuil de dauphin qui les propulsent vers la plus haute compétition africaine interclubs.

Les autres grands gagnants, parce qu’ils sont trois c’est bien Bukavu Dawa, Nyuki et Dauphin Noir. Dans une certaine mesure, Sanga Balende. Ces clubs jouaient leur survie depuis le début de la saison. Pas du tout brillant, les clubs de l’Est voient leur peau sauver grâce à la décision d’opter pour une saison sans relégation (même si, on le rappelle, c’est la FECOFA qui va donner le dernier mot). En cas de maintien, il faudra revoir les effectifs, structurer lefonctionnement interne et trouver des moyens financiers conséquent. La plupart de ces clubs ont perdu plusieurs matchs par forfait à cause de manque de moyen pour se déplacer de leur province à une autre.

Les grands perdants : Maniema Union, Bazano et les prétendants à la montée

D’un autre côté, les grands perdants. D’abord Maniema Union. Le club de Kindu a réalisé un exercice de très haute volée en confirmant les espoirs de la saison 2018-2019 ou les Kambelembele (3e) participaient à la Coupe de la Confédération. Avec un renouveau d’effectif, une structuration améliorée et un entraîneur de la nouvelle génération, Guy Lusadisu, Maniema Union avait les cartes en main pour jouer la C1 la saison prochaine. Jusqu’au 16 mars, ManU comptait 46 points et deux matchs de moins par rapport à Vita (23 vs 20). Si la qualification en Coupe de la Confédération sera le moindre des soulagements, ManU pouvait espérer mieux. En même temps, c’est le grand frère qui prend la place donc ça reste la famille.

L’autre grand perdant se nomme Jeunesse Sportive Groupe Bazano. Cinquième au classement (19 matchs, 37 points), le club Lushois rentre main bredouille malgré sa saison plus que réussie. Avec quatre matchs de moins que Vclub (2e), deux de moins que DCMP (3e, 42 pts), Bazano regrettera longtemps de se voir à l’écart de toutes compétitions africaines la saison prochaine. Les hommes de Dauda Lupemba ont montré du caractère tout au long de la saison et une ambition africaine claire. On notera cependant la défaite, en février, 1-3 face à Vclub après avoir mené au score. Qui sait qu’elle valeur aurait eu les points obtenu face à un rival direct ? Nous n’aurons jamais de réponse. L’espoir réside toutefois pour revoir la même équipe dans quelques mois, peut-être aurat-elle apprise de ces erreurs de cette saison.

Enfin, dans la ligne des perdants comment ne pas penser aux clubs de Ligue 2 ? La Jeunesse Sportive de Kinshasa, JSK, dans la Zone Ouest ou encore le FC Blessing dans la Zone Centre-Sud voyaient la première division leur tendre des bras. Les deux clubs dominaient sans partage leur zone respective et de projetaient avec impatience à la saison prochaine. A moins d’un rebondissement de dernière minute, ils devraient passer une nouvelle saison dans l’antichambre de la haute hiérarchie nationale. Arrêter le championnat fera donc du bien à certains et du mal à d’autres comme disait un chanteur connu de la Rumba congolaise : les malheurs des uns fait le bonheur des autres. Difficile de dire mieux…

Elisha Iragi/Footrdc.com

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