Cédric Bakambu (Villarreal) avant d’affronter le FC Barcelone : «Quand je vois mon parcours, je me dis que tout est possible»

L’avant-centre Congolais de Villarreal a accordé un long entretien à nos confrères de Francefootball.fr avant d’affronter le FC Barcelone ce dimanche.

Il sera très attendu ce dimanche pour le choc entre Villarreal et le Barça (20h45). Cédric Bakambu, deuxième meilleur buteur de Liga derrière Lionel Messi, revient sur sa nouvelle notoriété, et la réussite devant le but qui va avec.

France Football : «Neuf buts en 14 journées. Une place de deuxième meilleur buteur de Liga derrière Lionel Messi. Sentez-vous que votre popularité est en train d’augmenter ?

Cédric Bakambu : Oui, c’est d’ailleurs ce que je disais lors d’une précédente interview. Je sens que les regards sur moi ont changé. On me pousse plus, on prête davantage attention à moi. Que ce soit au club, ou en général, en Espagne.

France Football : Comment cela se traduit-il ?

Cédric Bakambu : Je réponds à beaucoup plus d’interviews qu’avant. Je suis plus sollicité, notamment avant les grands matches. Dans la rue, je ne vais pas vous mentir, au début, les gens ne me connaissaient pas trop en Espagne. Mais quand je me déplace l’extérieur de Valence, que ce soit à Madrid ou à Barcelone, des personnes me reconnaissent désormais. Ce n’est plus comme avant. Mais je suis quelqu’un de simple, donc ça ne me dérange pas. Mais c’est vrai que ça fait toujours plaisir quand tu es reconnu dans la rue ou dans des endroits publics.

France Football : Par rapport à votre parcours, de Sochaux à Villarreal en passant par la Turquie (Bursaspor, 2014-2015), comment accueillez-vous cette réussite nouvelle ?

Cédric Bakambu : Ce n’est pas une revanche sur le passé, c’est simplement le fruit du travail et des décisions que j’ai prises. J’ai fait des choix qui n’ont pas toujours été évidents. Aujourd’hui, quand je vois où j’en suis arrivé, je suis super fier de moi.

France Football : De quelles décisions parlez-vous ?

Cédric Bakambu : Mon départ en Turquie par exemple. Cela a été la décision la plus compliquée. Cela avait engendré quelques conflits dans ma famille. Ce n’était pas facile car tout le monde ne comprenait pas ma décision. J’ai décidé seul, j’ai assumé. Et je ne regrette rien, vu où j’en suis aujourd’hui. Il y a aussi mon choix d’opter pour la sélection de la République démocratique du Congo. C’est vraiment marquant.

France Football : Lorsque vous observez le classement des buteurs et que vous vous voyez en seconde place derrière Lionel Messi : ça vous fait quoi ?

Cédric Bakambu : Franchement, ça fait plaisir de voir ce que je suis capable d’accomplir. Si vous m’aviez dit ça en début de saison, je n’aurais jamais imaginé ça. Mais on n’est même pas encore à la moitié du Championnat donc c’est anecdotique. Et ça me motive encore plus pour l’avenir.

France Football : Dépasser Messi, c’est possible ?

Cédric Bakambu : Je n’aime pas me fixer de limites. Je ne veux pas dire que ceci ou cela est impossible. Quand je vois mon parcours, je me dis que tout est possible. Après, ce sera très, très dur, on ne va pas se mentir. C’est Messi quand même (Il sourit.)… Il ne faut pas se voiler la face non plus. Je prends ce qu’il y a à de bon à prendre, et on verra bien jusqu’où je vais m’arrêter.



France Football : Avez-vous toujours eu une préférence entre Messi et Ronaldo ?

Cédric Bakambu : J’ai toujours eu une préférence pour Messi. Même si je respecte énormément Ronaldo. Souvent, quand tu dis que tu aimes Messi, les gens pensent que tu n’apprécies pas Ronaldo. Or, c’est tout le contraire. J’ai de la reconnaissance pour ces deux joueurs exceptionnels.

France Football : Qu’avez-vous pensé du Ballon d’Or de Cristiano Ronaldo ?

Au regard de la saison qu’il a accomplie, avec le Real Madrid et sa sélection, c’est mérité, il n’y a rien à dire. Franchement, bravo.

France Football : Dimanche, vous affrontez justement le Barça de Messi. Cela fait un peu plus de deux ans que vous évoluez à Villarreal, mais arrive-t-on à être encore impressionné lorsqu’on fait face au Barça de Messi, Iniesta, etc ?

Cédric Bakambu : C’est vrai que j’ai un peu plus d’expérience qu’avant. Mais quand tu joues contre le Barça, tu as toujours une émotion assez particulière. Tu sais que c’est Barcelone, c’est autre chose. C’est le même scénario pour le Real Madrid ou l’Atlético Madrid. Il y a des clubs comme ça…

France Football : Quand vous êtes dans le tunnel, face à ces stars-là, c’est la même chose ?

Cédric Bakambu : Non, pas tant que ça. Une fois que je suis proche d’un match et du terrain, peu importe contre qui je joue, la pression est toujours la même. Que ce soit une équipe de D3 ou le Barça en face, j’ai la pression. Il y en a un petit peu plus, d’ailleurs, quand tu affrontes le Barça. Mais c’est de la bonne pression. La meilleure manière d’aborder le match, c’est d’y aller. Il se passera ce qu’il se passera ensuite. Il ne faut simplement pas avoir de regrets à la fin.

France Football : Sur le terrain, malgré vos deux dernières défaites en Liga, votre saison collective est plutôt bonne (6e).

Cédric Bakambu : (Pas vraiment convaincu) Ouais… On reste sur deux défaites en Championnat. Donc c’est un peu difficile pour nous, d’autant plus qu’on affronte le leader. Mais c’est vrai qu’on fait un bon début de saison. Mais, pour moi, ça peut être encore mieux. On a mal commencé, avant de bien se reprendre. Ce sont les aléas d’une saison.

France Football : Quelle est votre place dans le vestiaire de Villarreal ?

Cédric Bakambu : Ça m’arrive de mettre l’ambiance. Surtout avec de la musique. Je leur fais découvrir l’afrotrap, avec des artistes comme Niska ou MHD. Et ils aiment bien, ils adhèrent.

France Football : Dans cette belle saison personnelle, votre premier triplé en Liga face à Eibar reste-t-il comme le meilleur moment depuis août ?

Cédric Bakambu : Oui. Je savais que c’était mon premier triplé en Liga. Je l’ai savouré. D’ailleurs, j’ai encore le ballon du match, signé par toute l’équipe, chez moi, et je le regarde tous les jours. Il est dans mon salon, juste devant moi là.

France Football : Dans votre carrière, où se situe le déclic vers cette réussite ?

Cédric Bakambu : Il y en a plusieurs. Comme mon départ en Turquie. Là-bas, mon entraîneur, Senol Günes, qui est maintenant au Besiktas, m’a un peu transformé. J’ai marqué beaucoup de buts. Même chose quand j’arrive à Villarreal avec Marcelino. Il m’a beaucoup appris. Si j’en suis là, c’est un peu grâce à lui. Il m’a apporté une autre vision du football. Il ne laissait rien au hasard, on faisait énormément de vidéos et il me montrait mes lacunes, ce que je pouvais améliorer… Même après les matches, dans l’avion du retour, il peut t’appeler et te montrer ce qui n’a pas été. Et franchement, parfois, ça saoule. Mais avec le recul, tu te dis qu’il n’y a que ça de vrai.

France Football : Personnellement, quelque chose a-t-il également changé entre Sochaux, Bursaspor ou Villarreal ?

Cédric Bakambu : C’est vrai que j’étais dans le confort à Sochaux. Quand on est descendus en Ligue 2, comme j’étais jeune et que je sortais des équipes de France, je pensais trouver un club de Ligue 1 assez facilement. Mais cela n’a pas été le cas. J’ai pris une petite gifle. C’est pour ça que je me suis lancé dans le pari de la Turquie. C’est ce qui me fallait pour regagner de la confiance et mettre des buts. Partir seul en Turquie, avec ma femme, m’a aussi permis de me responsabiliser. Ça m’a fait prendre conscience de plein de choses. Je m’étais donné deux ans pour revenir en Europe (dans les cinq grands Championnats), ça a été plus rapide que prévu.

France Football : Et pour la suite : de quoi rêvez-vous ?

Cédric Bakambu : On verra. Je suis bien ici. À une époque, jamais je n’aurais pensé évoluer en Liga. Moi, j’ai toujours été attiré par le Championnat d’Angleterre. Je suis finalement super content de me retrouver ici.

France Football : Et quand vous lisez certaines rumeurs au sujet d’un possible intérêt du Barça…

Cédric Bakambu : Je ne lis pas la presse (Il sourit). Je n’ai pas le temps.»

Footrdc.com/Francefootball.fr

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