L’édito choc de Isaac sur la prestation horrible des Léopards face à l’Ouganda.

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Une équipe catastrophique, telle une bande des joueurs réunis pour un tournoi de la banlieue, sans préparation, sans envie, sans motivation et pourtant… Tout le séjour en Espagne, sous la clémente chaleur de Marbella et le beau paysage de Madrid, s’est aujourd’hui traduit par une prestation à la limite du cataclysme, une bavure d’un degré de mocheté repoussant. Ces Léopards étaient horribles, sans âme, sans identité de jeu, sans maîtrise ni inspiration, survolés et pulvérisés dans tous les sens par les Crânes de l’Ouganda, très en réussite sur balles arrêtées.

Le Onze de départ concocté par Florent Ibenge n’était pas lui-même exempt de tout reproche. Oui le coach a décidé, on ne discute pas sur ses choix, mais à la fin les congolais ont eu bien l’impression d’assister à un match entre une équipe de foot (Ouganda) et un club de foutoir, privé d’un véritable leader sur le terrain, conduit néanmoins par un coach insouciant, dépassé par la tournure d’événements au stade international du Caire.

À la publication de l’équipe de départ, l’absence de Mputu alimente les débats, un choix que seul Florent Ibenge et ses collaborateurs peuvent expliquer.

De Kinshasa à Mwene-Ditu en passant par Walikale, Mahagi , Lubumbashi, Goma et Boma, les congolais se massent devant leurs téléviseurs, certains dans des conditions précaires, debout au coin des rues, dans les bars, chez le voisin d’à côté, pour suivre un match, le premier d’une sélection qui a vendu une multitude des rêves à un peuple déjà exigeant par sa nature. À l’arrivée, ils sont hérissés, contristés, mis hors d’eux mêmes à cause d’un match tout pourri livré par les Léopards. La défense, le milieu et l’attaque, tout était à la dérive. Seul Cédric Bakambu a tenté d’exister, sa lumière offusquée par l’opacité du crâne, ne pouvait transcender le mur.

Les espoirs qui gangrenaient les cœurs des congolais avant le coup d’envoi, ont vite laissé place au doute tant redouté dès les quinze premières minutes. Kadou, c’est lui qui reprend malicieusement un corner de son compère pour l’ouverture du score. Marcel Tisserand et Luyindama sombraient dans la distraction comme la défense du Barça sur le corner d’Alexander Arnold. Placé au premier poteau alors qu’il était censé être à un autre endroit du terrain pour mener une éventuelle contre-attaque, Cédric Bakambu est trop lent dans son marquage et ne peut rien faire, à l’image du très critiqué Ley Matampi, qui n’a eu que ses yeux pour voir le ballon au fond de filet, un positionnement de toute approximation, un manque de réflexe immédiat, qui font de lui aujourd’hui, le meilleur mauvais gardien de la RDC, mais toujours aligné par son maître. Le moment est-il bon pour rappeler que la RDC a encaissé au moins un but sur 13 de ses 15 derniers matchs toutes compétitions confondues, avec Ley Matampi titulaire dans 13 rencontres. Ces chiffres sont implacables et vénèrent la tendresse du gardien de Al Ansar (club qui a finit aux dernières places de la deuxième division Saoudienne, oui la D2 Saoudienne !).

À cet instant, pendant que la majorité des congolais y croyaient encore, les Léopards doutent de tout, même d’eux-mêmes. Il n’y a pas d’intention, pas de mobilité, ni d’application dans les phases de jeu, les enfants gâtés de Papa Félix, assurés de toucher 10.000$ à chaque match, sont aux abois. Il n’y a pas que Chancel Mbemba meilleur remplaçant de l’équipe réserve de Porto qui rate tout, Christian Luyindama, Merveil Bope, Issama Mpeko, Paul-José Mpoku, sont perdus dans une mer d’imprécisions qui ne dit pas son nom. Lui aussi, Yannick Bolasie, auteur d’une déferlante médiatique incogrue à son arrivée au lieu du rassemblement, a sans doute été, le pire de tous les Léopards au cours du match. Aucun dribble réussi, aucun débordement dangereux sur le côté, un petit centre subtil en première période puis rien d’autre. À la fin du match, il se présente en zone mixte et reconnait devant les journalistes que, les Léopards ont été punis, ils n’ont pas été compacts. Les termes sont-ils si légers pour justifier une telle douche froide ? La réalité est ardente et indémontable, les Léopards ont donné la chicotte aux Ougandais et ont en même temps, rendu leur dos pour subir ce supplice, qui aura forcément du mal à passer.

Il serait plus ou moins malhonnête de ne pas dire que cette équipe a encore la tête au tourisme, immergée dans la nostalgie récente, celle de visites au Santiago Bernabeù et des selfies dans les vestiaires des joueurs du Réal Madrid qui ont déjà fait leur histoire. Les Léopards eux, ne se soucient que très peu de pouvoir écrire la leur.

Rien qu’à les voir botter dans le ballon, l’expression de la déconcentration était trop visible, les fauves tricolores naviguaient sur des eaux agitées sans gilet de sauvetage, le maître nageur Florent Ibenge, qui avait la tâche d’éviter à ses protégés un naufrage, est malheureusement le premier à être submergé par ses propres choix tactiques écœurants et un discours à la pause sans effet, comme souvent. La fébrilité défensive de la RDC, fait les affaires de Rouges et Noirs en début de seconde période. Ils inscrivent un deuxième but sur une nouvelle balle arrêtée magistralement déviée de la tête par Emmanuel Okwi star des Crânes. Là encore, toute la défense n’est pas innoncente, Ley Matampi non plus.

Depuis la frontière du terrain, dans sa zone technique, Florent Ibenge assiste à un match qui bascule peu à peu en un film d’horreur, tel ‘détour mortel’. Favori au départ et moins qu’un petit poucet à l’arrivée. Catastrophique équipe congolaise !

Les changements apportés sont aphones. Jacques Maghoma à la place de l’enfant chéri Mbemba Chancel, alors que Mputu trépigne d’impatience sur le banc de touche. Britt Assombalonga et l’inattendu Bolingi entrent également en jeu, rien d’intéressant si ce n’est une suite de ratés offensifs et des pertes de balles parfois dans les zones très dangereuses.

Une entrée en compétition effroyable, digne d’une équipe venue pour contempler les pyramides, apprendre l’histoire des pharaons, l’Égypte, la mer rouge et tout le reste. Personne ne jouerait de cette façon, si ambition il y a. Ce n’est pas non plus la bonne manière de remercier ces millions de congolais, qui ont mis en arrière-plan leurs besoins, pour investir dans l’achat d’un maillot des Léopards dont le prix n’est pas dérisoire. Ils l’ont arboré, sur l’étendue du territoire national, et au-delà des frontières congolaises, dans la diaspora. Au nom du patriotisme, de la nation, certains ont boycotté leur travail, leur gagne-pain, afin de regarder un match que joueurs et sélectionneur ont présenté comme celui d’un bon départ ou d’un nouveau départ.

Et maintenant, il faut d’ores et déjà sortir les calculettes en vue d’évaluer les chances de voir la RDC en huitièmes de finale, pourtant la compétition n’à fait que commencer. Mardi prochain face à l’Égypte nation hôte, les Léopards devront sortir leurs griffes et mordre peut-être sauvagement, question de rééquilibrer les comptes et garder l’espoir avant de jouer le Zimbabwe 30 juin symbolique et historique.

Isaac B’ampendee / Footrdc.com


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