VClub et Gabriel Amisi Kumba, 13 ans d’un amour fusionnel

L’histoire d’une brusque rupture en situation difficile. Le général Gabriel Amisi a choisi son moment pour quitter le club qu’il a porté dans son cœur à la fois comme supporter et président. Répandue comme une traînée de poudre, la rumeur sur sa démission n’attendait que lui-même pour changer de nature, et devenir une information officielle qui brise la glace, tel un coup de tonnerre. Celui que l’on surnomme « Tango Four », a quitté le sommet de l’AS Vita Club. Cette date, les VClubiens ne l’oublieront pas si facilement. Jeudi 28 Mai 2020, dans sa résidence privée en présence du conseil suprême de VClub, le général Gabriel Amisi rend le tablier, malgré des avances faites dans les coulisses pour le retenir. Il a décidé de s’en aller ! La fin d’une histoire, d’un conte qui aura duré 13 ans, 13 ans d’un amour fusionnel.

Le parcours de l’homme !

Cette histoire commence en 2007. VClub à la recherche d’un dirigeant au profil adapté à la grandeur du club, trouve en Gabriel Amisi, l’interprète de cette mission. Il se présente comme candidat pour assumer les hautes fonctions de l’écurie Vert et Noir. À l’époque, il n’est pas très connu. Son nom et son image se noient dans le prestige de l’AS VClub, qui traînait une orgueilleuse identité de grandeur. Tango Four a la chance de réussir mais doit s’armer de patience. Certains fans croyaient déjà en lui, d’autres étaient logiquement sceptiques. Car VClub venait de traverser une période pour le moins abrupt.

Le club est en quête de sa stabilité, financière surtout. Il doit rivaliser avec son voisin et ennemi DCMP mais manque de moyens pour le faire. Le challenge accepté par Tango Four augurait une nouvelle ère dans la marche du club aux couleurs vert et noir. 2007, le point de départ de l’histoire qui peut être racontée aujourd’hui. L’ASV tenait son homme fort après le départ de Diomi Ndongala annonçant revenant. Tango Four est élu président de l’AS VClub et conduira pendant plusieurs années son équipe sur une vague d’ambitions parfois perçues comme illusion, mais il n’était pas interdit de rêver.

Dans ce parcours parsemé des défis aussi géants que les épreuves dans la recherche d’une bonne base, une stabilité du club, il se convainc de croire que, Vita ne sera pas ce qu’il était avant lui. Et aujourd’hui, il peut s’estimer heureux de l’avoir fait. Il laisse l’AS VClub au sommet de la ville de Kinshasa, au deuxième rang au Congo et une place de choix en Afrique, dans le top 10. Le mérite d’un dirigeant qui souvent fait preuve de bravoure et d’autorité. Sa vision obstinée de faire de Vita Club champion d’Afrique était devenu un leitmotiv, il était assoiffé et aurait bien voulu le faire, dommage qu’il soit parti sans y arriver. « Je ne quitterai jamais VClub sans une Coupe Africaine », ne cessait de clamer Tango Four. Les deux finales perdues restent les pires souvenirs, le malheureux destin d’un club et de son dirigeant.

L’homme d’un parcours !

À la tête de Vita Club, le général aura imprimé une autre manière de gérer le club, une dose de dictature, de centralisation de décision, souvent critiquée mais qui aura tout de même aidé à remettre de l’ordre dans la maison et clouer les mauvaises bouches. Son parcours et son palmarès en tant que président font de lui l’un des dirigeants les plus emblématiques de l’histoire du club Vert et Noir, même si manque à sa collection le trophée de cette Coupe Africaine qui aurait tout changé.

Tango Four peut se glorifier que sous son règne le rival Daring Club Motema Pembe a subi sept ans de misère, des matchs sans victoire, ce qui n’était le cas pour le VClub d’avant. Vita Club était devenu une bête noire des Immaculés et un rival direct pour le TP Mazembe, avec qui il se partage jusqu’à ce jour la sommité du football congolais, le clasico de la RDC, transposé en Afrique en 2014.

À la joie de voir le club s’épanouir, s’est ajoutée une sagesse et une audace dans le management. L’arrivée de Florent Ibenge en 2012, le recrutement des joueurs anonymes qui ont fini par être des stars (Mubele, Lema, Ngonda, Ngoma…), la création de Maniema Union comme pépinière du club où sont sortis Manzoki, Bola, Tuisila, Mumbere…, autant de faits qui démontrent la place indiscutable de Tango Four dans l’histoire de Vita Club, celle d’un grand dirigeant. VClub est aujourd’hui dans les bonnes conditions. L’affaire d’irrégularité dans la paie des joueurs est une autre paire de manche, mais les Daupjins Noirs ont aujourd’hui leur centre d’entraînement, une équipe réserve, un local moderne… Bref, VClub est aujourd’hui un club, le seul avec le TP Mazembe pour faire l’honneur du pays, fruit de la politique du général Amisi Kumba.

Le palmarès !

Il peut paraître moins impressionnant au regard de la taille de l’AS Victoria Club, mais de décennies avant Tango Four, VClub n’était pas si grand pour se mériter un grand palmarès imaginé. Dans sa gibecière, Tango Four a trois championnats nationaux, une super-coupe du Congo, deux finales ratées des compétitions inter-clubs africaines (League des Champions, Coupe de la CAF). Seul club à avoir empêché le TP Mazembe de compter dix titres des championnats sur les 10 dernières années. Les 13 ans de Tango Four avec l’AS VClub est une histoire impressionnante, fusionnelle. Il y a eu des moments tendus et de crise de confiance mais beaucoup moins importants que les moments de gloire, de passion, d’une joie conjuguée à une effervescence indescriptible.

Isaac B’ampendee / Footrdc.com

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