Interview : l’annulation du stage des Léopards « ne s’explique pas, c’est dangereux parce que ça peut casser une dynamique » Patou Mangenda, ex-Secrétaire général adjoint de la FECOFA

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L’absence de trêve pour les Léopards n’a pas fini de faire parler. Entre incompréhension et condamnation, cet épisode démontre encore l’extrême tension qui règne entre la fédération et les supporters, qui pointe la FECOFA comme principale responsable de cette annulation du stage de Turquie. À l’issue de la CAN 2023, la RDC a « empoché » une cagnotte de 2,5 millions de dollars comme récompense de la compétition par la CAF, pour plusieurs observateurs, ce montant suffisait amplement pour organiser le stage, sans l’intervention du gouvernement.

« Il va falloir que la FECOFA et le ministère des Sports de la RDC expliquent pourquoi ils n’organisent RIEN pour la sélection pendant la trêve. Rappelons que le parcours des Léopards à la CAN a rapporté 2.5 millions de dollars ! », s’est étonné Romain Molina, journaliste d’investigation à l’origine des révélations sur les scandales de pédophilie dans le football congolais. « Où va l’argent ? », a interrogé l’auteur de Mano Negra dans un post sur X. Ni la fédération ni le ministère n’ont jamais répondu au tollé de cette trêve dans rassemblement.

FootRDC a interrogé Patou Mangenda, ancien secrétaire général de la FECOFA sur les dotations de la CAN après une CAN, les conséquences de ce stage annulé et nous avons pris ses nouvelles, lui qui reste silencieux depuis son éviction, qu’il considère « injuste », M. Mangenda travaille « en attendant de nouvelles perspectives qui arrivent ».

FootRDC : Plusieurs observateurs ne comprennent pas pourquoi la FECOFA n’a pas organisé un stage pour les Léopards malgré la cagnotte de 2.5 millions de dollars obtenue après le parcours de la RDC à la CAN. Comment se passe la gestion de type fonds ?
Patrice Mangenda : La cagnotte de la CAF provient des droits commerciaux (et droits TV NDLR) et c’est à la fin de la compétition que l’on fait le bilan. Ce fonds n’arrive pas exactement à la fin de la CAN, mais bien plus tard, parfois plusieurs mois après. Cette cagnotte n’est pas une dotation qui permettrait à la CAF d’avoir un contrôle sur le fonds gagné par une association après une compétition.

En 2015, la RDC a atteint les demi-finales lorsque vous étiez encore à la fédération. Sachant que la CAF tient à ce qu’il serve pour le développement du football, comment aviez-vous géré le prize money ?
Cette rétribution n’est pas un fonds de la CAF, c’est l’argent des associations nationales et c’est à celles-ci de décider comment il sera utilisé. C’est différent des dotations, comme celle de FIFA Forward, qui est destinée à une utilisation bien définie pour les associations membres.

Dans le temps, tous les six mois, la FIFA envoyait 500 000 dollars pour appuyer des projets de ses associations membres. Je sais qu’entre 2022 et 2026, ce montant se situe à peu près à 1 million de dollars et les associations exécutent les dépenses selon les prévisions de départ.

Lors des éliminatoires de la Coupe du monde, la FECOFA avait empoché 1 700 000 des droits télévisés, mais la FIFA n’a rien donné comme indication. C’est à la fédération de savoir comment gérer le fonds et l’orienter vers des projets porteurs.

Est-ce que vous comprenez les critiques sur l’absence de la trêve pour les Léopards après l’odyssée en Côte d’Ivoire ?
Ça ne s’explique pas, c’est dangereux parce que ça peut casser une dynamique. Il aurait fallu, coûte que coûte, qu’on organise un stage. La FIFA a lancé des stages de confrontation pour les sélections de différentes confédérations et la phase expérimentale se tient en cette fenêtre de mars sur quatre camps, en Algérie, en Azerbaïdjan, deux en Arabie Saoudite et un dernier dans l’extrême Asie. La Tanzanie, la République centrafricaine, et d’autres pays africains y ont souscrit et ont obtenu des matchs amicaux. C’est quand même dommage que la RDC n’ait pas obtenu un stage alors que les équipes dites « petites » en ont décroché. C’est malheureusement ça aussi la RDC, avec ce côté imprévisible.

Vos sorties médiatiques se rarefient depuis votre départ de la fédération. Avez-vous décidé de décrocher du milieu du football ?
(Étonnement). Je ne peux pas décrocher ! Je n’ai fait que ça toute ma vie, j’ai étudié le football, j’ai suivi pratiquement toutes les formations requises pour la gouvernance du football. Je suis là, bien qu’ayant été écarté injustement, en attendant de nouvelles perspectives qui arrivent. Dans la vie, il faut savoir reculer pour mieux sauter.

Elisha Iragi

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