TP Mazembe : les secrets derrière la renaissance d’un lion enterré vivant

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Samedi dernier, le TP Mazembe s’est qualifié pour les demi-finales de la Ligue des Champions, en s’imposant par 2-1 sur la pelouse de Petro Atletico, à Luanda, capitale de l’Angola. C’est pour la première fois depuis 2019 que le club de Lubumbashi atteint cette étape de la compétition, lui qui a essuyé échecs et désillusions au cours de dernières saisons. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce retour sur le devant de la scène d’un ancien champion d’Afrique dont on avait presqu’oublié les mérites et les exploits ?

Un leadership éclairé de Moise Katumbi

Le TP Mazembe doit son retour au premier rang au management et au leadership éclairés de son président, Moise Katumbi. On l’a parfois accusé d’être à la base des revers de son équipe, par des recrutements quantitatifs, non adaptés aux besoins et au niveau du club. Mais il n’a jamais fui ses responsabilités pour charger les gens autour de lui. Le président des Corbeaux a toujours assumé les conséquences de ses choix, promettant constamment de beaux jours aux supporters du club Noir et Blanc.

Ferme dans ses convictions, Moise Katumbi n’a, depuis 2019, cessé de faire des changements de coachs, multiplié des recrutements, telle une personne en quête d’une clé, d’un ingrédient constitutif du succès. Dans la patience et la persévérance, sans douter, sans jamais renoncer à son rêve de retrouver le sommet, Moise Katumbi a réussi à relever le défi. Bien que sportivement, les choses n’aient pas parfaitement pour le TP Mazembe ces dernières années, mais la renommée du club est restée intacte. Le club congolais s’est maintenu sur la liste de géants du football africain, sans pourtant avoir remporté le moindre titre depuis 2017.

L’invitation à disputer la toute première édition de la Super League africaine, au milieu des clubs en état de grâce, est la preuve parlante de la grandeur affirmée du TP Mazembe. Ceci n’est pas un fait à tout hasard, mais le résultat d’un travail de fond et qualité fait par la direction du club, sous le leadership de Moise Katumbi. C’est lui qui a créé les conditions qui ont gardé le TP sous les projecteurs.

L’émersion des jeunes formés au club

Des jeunes formés à l’académie du club ont pris le pouvoir au TP Mazembe. Une chose assez rare dans le football congolais. Le prestige pour un club congolais a longtemps été réduit à la capacité enrôler de bons joueurs expatriés à chaque fenêtre des transferts. Un paradigme qui offusque la mise en valeur des talents locaux disséminés à travers le pays, qui n’ont besoin que d’une formation et d’un bon encadrement pour briller de mille éclats. Le TP Mazembe s’est distingué dans ce domaine, le seul club qui forme et lance ses produits dans le noyau professionnel au moins chaque saison.

De Glody Likonza à Oscar Kabwit, passant par Joël Beya, Zemanga Soze ou encore Patient Mwamba, les pépites sorties de l’académie du TP Mazembe sont devenues des éléments sûrs du projet, le présent et l’avenir. Lors du match aller de quarts finale de la Ligue des Champions face à Petro Atletico, 5 joueurs formés au club ont été titulaires, 4 au match retour. Ce qui démontre combien le TP Mazembe mène à bien sa politique de formation. Une politique doublement rentable, d’autant qu’elle permet au club d’économiser les fonds qui auraient pu être dépensés dans le recrutement des joueurs à certains postes, mais aussi, à la vente d’un de ces joueurs-maison, c’est le TP Mazembe qui empoche le gros lot.

Le retour d’un coach aux méthodes singulières

Ce TP Mazembe avait besoin d’un coach caractériel, doté d’une personnalité et d’une rigueur irréprochable dans son travail. Même si tout n’est pas parfait chez lui, Lamine N’Diaye a remis de l’ordre dans la cour, exigé le meilleur de ses joueurs et relevé le niveau des autres, sans hésiter à blacklister ceux qui ne rentrent pas dans sa philosophie. Le Franco-sénégalais passé par le banc des Corbeaux entre 2010 et 2013, avait obtenu des succès mémorables ; un titre de la Ligue des Champions, Une SuperCoupe d’Afrique et une qualification historique en finale de la Coupe du Monde des clubs. De tout ses successeurs, personne n’a fait mieux que lui.

Quoique d’aucuns aient été pessimistes à l’annonce de son retour, Lamine a répondu sur le terrain par des résultats qui laissent ses détracteurs sans mot. Dans le jeu, les Corbeaux doivent encore à améliorer beaucoup de choses, notamment dans l’aspect offensif, mais cela n’éclipse en rien tout le travail réalisé jusqu’ici par Lamine N’Diaye. Son équipe joue appliquée, disciplinée, peine parfois à enchaîner de grosses performances dans les matchs de haut niveau, à haute intensité. Lamine N’Diaye y travaillera certainement.

La qualification du TP Mazembe en demi-finale de la Ligue des Champions, 5 ans depuis la dernière, est aussi celle de Lamine. Ses choix et ses consignes dans les moments clé du match ont ramené les Corbeaux à la vie, dans un match où ils étaient déjà donnés pour morts. En 16 minutes, les coéquipiers de Joël Beya ont tout reversé et infliger une pilule amère à une équipe réputée défensive, muraille infranchissable.

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