Léopards : comment la RDC a bâti sa stratégie autour des binationaux

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La RDC, qualifiée pour les demi-finales de la CAN pour la 6e fois de son histoire, s’est appuyée sur les binationaux pour reconstruire sa sélection. Le sélectionneur de la RDC, Sébastien Desabre, a bâti un effectif avec notamment des joueurs qui avaient connu d’autres pays en jeunes. Ils affrontent la Côte d’Ivoire, pays hôte de la CAN, en demi-finales ce mercredi.

C’était à prendre ou à laisser : Sébastien Desabre, 47 ans, ne serait pas venu en RDC sans un poste de manager à la clé, sans obtenir un poids élargi sur la sélection dans un pays soumis à de nombreux soubresauts sportifs. Et les résultats en Côte d’Ivoire valident aujourd’hui son travail, cette volonté de puiser des forces vives congolaises en Europe.

Son effectif compte 11 hommes ayant ainsi déjà porté le maillot d’une autre nation dans les catégories jeunes : Cédric Bakambu, Arthur Masuaku, Dylan Batubinsika, Dimitry Bertaud, Gaël Kakuta, Lionel Mpasi (France), Joris Kayembe, Rocky Bushiri, Théo Bongonda (Belgique), Charles Pickel (Suisse) et Grady Diangana (Angleterre). Il n’a pas tout enclenché mais a convaincu certains de s’engager (Bushiri, Kayembe, Pickel, Diangana, Simon Banza, qui n’avait jamais été capé avant…).

Dans une équipe qui s’est longtemps contentée de son réservoir local, les Léopards ont changé leur projet avec un unique représentant du Championnat, le troisième gardien Baggio Siadi. Mais tout s’explique. Desabre : « Il n’y avait pas d’équipe nationale chez les jeunes et le Championnat a été arrêté deux ans environ. »

« Ceux qui viennent en sélection ont cette fibre congolaise, certains ont déjà joué la C1 ou touché le plus haut niveau » Sébastien Desabre, entraîneur de la RDC

Au moment de son arrivée, la compagnie d’aviation, en attente de paiements, ne voulait pas transporter les formations pour les matches retour de la saison 2021-2022. Faute de moyens, il a fallu attendre août 2023 pour revoir véritablement du foot sur cette terre folle de ballon. Fini le règne du TP Mazembe ou de l’AS Vita Club, de la génération Trésor Mputu, Djo Issama Mpeko.

Si un boulot de détection locale a débuté avec un regroupement des meilleurs centres de formation en Tunisie, Desabre, en attendant leur éclosion, a cherché ailleurs les moyens de se renforcer. « Et ceux qui viennent en sélection ont cette fibre congolaise, certains ont déjà joué la C1 ou touché le plus haut niveau, nous dit-il. On ne force pas, ils doivent avoir la motivation et la discipline quels que soient leurs statuts. On n’a pas de garçons capables de faire la différence seuls donc on doit avoir un état d’esprit irréprochable. » Ce qui n’a pas toujours été le cas chez ces Léopards parfois talentueux mais fantasques.

« Et les gars voient que c’est du sérieux. On a une bonne équipe médicale, une organisation professionnelle avec 19 personnes dans le staff. Tu retrouves au Congo ton organisation en Europe. Et là, on a vécu cinq semaines fantastiques. Mais on ne savait pas comment on allait se comporter. On a vu et même si on n’est pas favoris, on a des qualités pour croire à la qualification en finale. »

La RDC, qui ne compte que trois survivants de sa dernière CAN en 2019 (Chancel Mbemba, Arthur Masuaku et Cédric Bakambu), avance, sereine, sûre de sa force.

Hervé Penot, L’Equipe

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