Barça – PSG : l’Espagne n’est pas convaincue par la remontada !

Avant le match retour des huitièmes de finale opposant le Barça et le PSG, Foot Mercato a demandé à plusieurs journalistes suivant l’actualité du club catalan leur opinion sur ce match et la façon dont les supporters envisagent une éventuelle remontada.

Le Barça pourra-t-il signe une remontada historique ? C’est la question que se pose pratiquement toute la planète football. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser vu de France, l’optimisme ne règne pas forcément du côté de la Ciudad Condal. Olivier Goldstein, journaliste pour Equinox Radio et fondateur du Blog du Barça, confie lui même ne pas réellement y croire : « j’y crois très très très peu dans la mesure où il faudrait que les astres s’alignent, il faudrait un match comme celui contre le Celta, où le rival loupe tout ce qu’il fait. Il faudrait que les attaquants adverses loupent tout et que ceux du Barça soient très bons et efficaces, ça fait beaucoup de paramètres pour remonter ce 4-0 et c’est bien pour ça que ça n’a jamais été fait en 58 confrontations auparavant ». Même son de cloche pour Roger Arbusà, journaliste de Catalunya Ràdio : « sincèrement, je n’y crois pas. Le 4-0 du match aller est un résultat trop compliqué à remonter. Le Barça a récupéré des sensations lors de ces derniers matchs, grâce à la révolution tactique de Luis Enrique, mais j’ai beaucoup de mal à croire en la remontada ».

La presse en général ne semble donc pas y croire. « Dans la presse catalane, ils pensent que tout passe par Messi… Mais ça ressemble surtout à une stratégie pour vendre plus de journaux. Ils n’ont pas le choix », nous confie notre correspondant Juan Carlos Navarro, de fichajes.com. Une hypothèse que confirme Olivier Goldstein : « la presse catalane en général veut y croire, il faut savoir que Sport et Mundo Deportivo c’est 17 pages par jour sur le Barça, donc il y a besoin de remplir des pages et de faire croire aux supporters que oui c’est possible. Quand je discute en off avec des journalistes il n’y en a aucun qui voit la remontada, ils disent « oui s’il y a 1-0 tout de suite puis 2-0 à la mi-temps… », ça fait beaucoup de si. La presse espagnole est beaucoup sur l’émotion, elle est presque supportrice, en Catalogne elle est toujours avec le Barça, elle est proche du club. C’est pour ça qu’on a des unes « pourquoi pas », « allo psg » etc… Ce n’est pas tant d’être prétentieux mais de faire monter la sauce et de faire en sorte que les gens en parlent », alors que Roger Arbusà atteste lui aussi de la théorie de la presse pas forcément optimiste mais qui souhaite s’en convaincre : « je crois que la plupart de la presse voit la remontada comme quelque chose de très difficile, mais certains médias de Barcelone essayent de donner des arguments pour y croire et espérer en marquer 4 ou plus mercredi ».

Les supporters, un peu plus confiants que les journalistes

Les Culés, eux, semblent plus y croire que les médias, probablement influencés par les deux dernières rencontres du club, soldées par de larges victoires contre le Sporting (6-1) et le Celta (5-0). « Après le match contre le Celta, j’ai demandé à des socios présents au Camp Nou s’ils étaient optimistes et la plupart m’ont dit que oui. L’équipe a à nouveau bien joué, a marqué cinq buts et c’est pour ça que les supporters sont un peu plus optimistes », nous confie ainsi le journaliste de Catalunya Radio. « Ce qui est important dans ce match-là pour les supporters c’est que le Barça montre l’équipe qu’il est et qu’il n’est pas l’équipe de l’aller, qu’il lave l’affront de sa piteuse défaite du match aller, qui a fait le tour du monde. C’est ça qui a fait très mal. Mercredi si le Barça est éliminé mais fait un très gros match, et tente tout, à Barcelone on sera déçu du match aller, mais on dira que l’équipe a très bien réagi et c’est ça le plus important », ajoute Goldstein.

Et depuis ce terrible match aller, beaucoup de sujets ont fait l’actualité à Barcelone. On pense forcément à l’annonce de Luis Enrique, qui a confirmé qu’il ne prolongera pas son contrat qui expire en juin et qu’il quittera donc le Barça en fin de saison. Un départ qui peut booster les joueurs, et ce pour plusieurs raisons. Ivan Vargas, rédacteur en chef de fichajes.com, évoque une première possibilité : « ça peut avoir une influence pour les joueurs, qui n’ont plus de bouclier derrière lequel se cacher ». Olivier Goldstein s’aligne lui aussi sur cette théorie : « Luis Enrique a fait dégonfler le ballon de la critique en annonçant son départ, et maintenant les joueurs sont exposés, c’est peut-être pour ça qu’ils ont bien joué contre le Celta, parce qu’ils savent qu’ils n’ont plus le paratonnerre Luis Enrique ». Arbusà voit lui les choses différemment : « je n’écarte pas la possibilité que les joueurs prennent ce match comme le dernier effort pour dire adieu à un entraîneur qui a obtenu tant de titres sur les dernières trois saisons ».

Une saison déjà gâchée ?

Il faut remonter à 2007 pour trouver trace d’une élimination du FC Barcelone en huitièmes de la Ligue des Champions. Autant dire que dernièrement, les supporters catalans ne sont pas habitués à dire au revoir à la compétition aussi tôt dans la saison. « En cas d’élimination, le Barça devra forcément se rabattre sur les compétitions nationales et signer un doublé Liga-Copa pour rattraper l’affront. Ça peut être considéré par une partie des supporters comme quelque chose de décevant, en raison de l’importance et de l’exposition de la Ligue des Champions et le retard historique sur le Real. Ceux qui ont 20 ans et qui ont connu 4 Ligues des Champions en 10 ans pensent que c’est normal de la gagner. Les plus vieux qui ont 40/50/60 ans se souviennent que la première Ligue des Champions est arrivée en 1992, et la deuxième en 2006, et qu’il y a eu énormément d’années sans titre », explique Olivier Goldstein, en précisant qu’aucune équipe n’a jamais signé trois doublés d’affilés en Espagne.

Roger Arbusà ne verrait pas la saison comme un échec si les troupes de Luis Enrique venaient à signer un doublé, mais émet des réserves quant au jeu déployé par les Catalans : « je crois que ça sera plus un succès qu’un échec, mais le fait d’avoir été éliminé en huitièmes de Ligue des Champions va peser. Mais même comme ça, le bilan serait très positif en termes de titres. Quant au jeu de l’équipe, ça aura été une saison qui a déçu ». Pour sa part, Ivan Vargas est plutôt clair, affirmant que « tout dépendra de si le Real Madrid gagne ou non la Ligue des Champions ». Le décor est planté, et d’ici un peu plus de 48 heures, la Catalogne célébrera une remontada historique ou, ce qui semble le plus probable, acceptera son sort, résignée.

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