DCMP : Andréa Agostinelli, l’entraîneur idéal ou le choix risqué.

Il n’aura mis que cinq mois à la tête du club. Cinq mois pour un travail anodin, cinq mois pour une lutte perdue et des faux fuyants. Cinq mois pour naviguer entre humiliation et succès fallacieux. Le Daring a tout connu sous le règne de l’Italien, venu en roi, accueilli en triomphe, pour remplacer celui qui avec un plus de temps, aurait pu être le sauveur de la famille Imanienne.

Le risque d’un choix

En voulant faire du Daring Club Motema Pembe l’un des plus grands clubs du pays (ce qu’il était avant), le comité des Immaculés emmené par Hassan Abdallah, avait tenté de frapper un grand coup. Recruter un grand entraîneur, si pas de classe mondiale mais africaine. Le dévolu est alors jeté sur Andréa Agostinelli. L’homme dont le vécu sportif est plus éloquent que nombreux exploits connus. Il vient de l’Italie (un grand pays du foot), il a entrainé des clubs atypiques comme l’Empoli, au niveau de la Série A. Ce palmarès pour le moins apodictique, joue en faveur de son porteur. Au pays de Lumumba, l’homme gagne le respect de tout le monde ou presque. L’équipe dirigeante se dit fière d’avoir réussi le coup. Ce n’est que plus tard que le risque de ce choix sera mis à découvert. Andréa Agostinelli n’était peut-être pas l’homme de la situation même si l’engouement et les ambitions incarnés par sa venue étaient énormes.

Des choix forts pour des débuts compliqués !

Hassan Abdallah est soucieux d’amener le Daring quelque part ; au sommet du football congolais. Une place perdue que l’italien et ses collègues devaient retrouver. Mais ils semblaient avoir oublié qu’il faille partir de quelque part. L’équipe bâtie par Otis n’était pas si fugace qu’on l’a fait croire aux supporteurs. Les choix forts et les grandes manœuvres d’Andrea Agostinelli à ses débuts sont d’une incongruence redoutée. Voilà que des cadres, même Ricky Tulenge sont poussés vers la sortie, avant que Otis Ngoma (élevé au rang de Directeur technique) et quelques supporteurs ne décident autrement.

Les résultats et les ambitions flétrissent à l’usure du temps

La méthode très révolutionnaire d’Agostinelli passe bien pour certains, pas pour d’autres. Le problème de compréhension avec les joueurs est difficilement contournable. L’entraîneur parle « Italien », les joueurs ne saisissent aucun mot, l’interprète lui-même ne peut tout expliquer. La communication semble bien sibylline. Les résultats le sont tout autant, même si le Daring gagne des matchs au début du championnat. Mais sur le premier gros exercice de la saison, que Andrea Agostinelli et son nouveau Daring montrent toutes leurs limites à Kinshasa devant le TP Mazembe. Cet après-midi là, les Corbeaux étaient très forts, beaucoup trop forts pour une équipe en pleine reconstruction mais dont les attentes étaient déjà surdimensionnées. Meschack Elia et Issama Mpeko punissent sévèrement les Immaculés (3-0), comme pour leur rappeler qu’il fallait encore un petit peu de patience avant d’être comme eux.

La Coupe de la CAF, compétition à laquelle prend part le Daring pour la deuxième fois de suite, est celle qui vient démontrer à quel point le Daring made in Agostinelli, était trop faible pour des grosses échéances. Une élimination au petit matin par San Pedro, après avoir sourit contre les Anges de Fatima. Le Daring Club Motema Pembe devra encore patienter.

Une démission après cinq mois

Andrea Agostinelli de DCMP devant la presse vendredi 20 septembre au siège de la Linafoot. Photo, René Ntole

L’italien pointe du doigt l’organisation au sein du club de la capitale. Il réclame un tas de choses dont le payement de ses arriérés et le manque de prise en charge. Andrea Agostinelli après plusieurs semaines de tractations de malentendus, a décidé de rendre le tablier, dans les cinq mois seulement qui ont suivi sa confirmation en tant qu’entraîneur principal de l’un de plus grands clubs de la RDC.

Que devient le Daring Club Motema Pembe ?

La direction n’a pas hésité un seul instant à reconduire Otis Ngoma à la tête du staff technique. Un second choix qui tend à définir clairement le précédent comme le plus risqué et le moins fructueux. Le technicien congolais revient à la tête d’une équipe qu’il trouvée au bord de la dérive, qu’il a fait renaître, avant de quitter le staff technique pour une fonction forcée et peu familière. Otis retourne où il a connu extase, joie et toutes les sensations humaines, sauf le sentiment d’un champion, d’un vrai champion. Pour son retour, un beau test l’attend à Lubumbashi contre le TP Mazembe ce dimanche. Otis Ngoma et son capitaine Ricky Tulenge devront faire bien mieux à Kamalondo pour continuer à croire en une nouvelle qualification africaine, pourquoi pas le titre puisque le foot ne connait l’impossible.

Isaac B’ampendee/Footrdc.com

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