Honoré Nkulu, entraîneur de l’US Panda, « nous sommes capables de tout » (interview exclusive)

Son nom est intimement lié à l’épopée glorieuse de la dernière décennie de l’Union Sportive Panda B52. Honoré Nkulu est l’un des techniciens qui marqué l’histoire de Panda. En 2017, le Congolais a conduit les Gecaminards en demi-finale de la phase finale de la Coupe du Congo à Kindu. Après le divorce, lors duquel il a dirigé le CS Manika, Honoré Nkulu a débarqué en novembre 2022 dans la peau d’un intérimaire après la suspension du coach principal, Hidalgo Kalala, un statut qu’il assume.

Les premiers pas de l’intérimaire sont porteurs d’espoir pour un club qui s’est allié avec la tourmente. Une seule victoire en déplacement face à l’Association Sportive Simba de Kolwezi cette saison en Linafoot. Face à l’obligation du maintien, Honoré doit faire preuve de son talent pour éviter à Panda la désillusion. Dans cette interview exclusive accordée à Foot RDC, le patron du staff technique de Panda évoque ses méthodes, de sa décision de revenir chez Panda et du mercato !

Foot RDC : Qu’est-ce qui a motivé votre retour à la tête de l’US Panda après votre premier passage en 2017 couronné par une participation à la phase finale de la Coupe du Congo ?

Honoré Nkulu : Je suis rentré chez Panda sur invitation du comité sportif pour assister le coach Hidalgo. Je suis intérimaire du coach principal en suspension. Ce n’est pas confirmé que je sois le titulaire. À son absence, j’assume les fonctions de coach titulaire avec les objectifs de maintenir l’équipe en Ligue 1 pour que nous puissions mieux préparer la saison prochaine avec un bon recrutement.

Foot RDC : Vous avez hérité d’un club au bord du précipice. Lors de l’un des vos premiers matchs, vous vous imposez à l’extérieur, à Kolwezi devant Simba. Quelle saveur particulière cette victoire a-t-elle apportée ?

Honoré Nkulu : Cette première victoire a boosté le moral des joueurs et du staff. Gagner à l’extérieur n’est pas facile. Changer de méthodologie de travail, de philosophie de jeu et que les joueurs s’adaptent, c’était difficile. Dieu merci ! Ils ont répondu à 50% à nos attentes. C’est très difficile de répondre à 100%. Le championnat a un niveau très élevé avec des équipes aguerries. Les matchs qui nous restent sont en déplacement, hormis la réception de Vita et Kuya. Un challenge très difficile. Nous allons jouer des adversaires dans leurs milieux de prédilection. Avec le travail, nous sommes confiants de faire quelque chose pour le maintien de Panda B52.

Foot RDC : Vous héritez d’un groupe que vous n’avez constitué. Vous devez imposer votre philosophie d’une part et de l’autre, vous avez l’obligation des résultats. Comment faites-vous pour allier les deux dans l’immédiat ?

Honoré Nkulu : Le football, c’est la tactique ! Quand on s’intéresse à la tactique, le football devient plus mathématique que géométrique. Nous mettons un schéma tactique auquel les joueurs commencent à s’adapter. Sans la tactique, on ne fera rien. Nous sommes obligés de nous maintenir avec un schéma de jeu qui sera beaucoup plus maîtrisé par les joueurs. C’est un projet de jeu auquel ils doivent s’adapter. C’est vrai, c’est difficile. S’il y a phase retour, nous allons solliciter des joueurs au mercato de janvier. J’amène un modèle de jeu avec des rôles que les joueurs doivent remplir sur le terrain. Mais, je sens qu’il y a quelques soucis au niveau de rôle de chacun. Je suis obligé de me battre avec l’effectif que j’ai. J’espère renforcer le groupe au mois de janvier.

Foot RDC : Le calendrier n’est pas clément avec vous ! Dans les prochains jours, vous rencontrerez Vita Club, DCMP, Renaissance, et Maniema Union. Est-ce que c’est par-là que se jouera le destin de Panda en Linafoot D1 ?

Honoré Nkulu : Ce sont des gros morceaux ! Surtout Vita qui joue la Ligue des Champions. Ils sont en confiance. Ils ont battu le TP Mazembe. Il y a DCMP qui se recherche. Il a eu sa première victoire. Tous les matchs que nous allons jouer seront difficiles. Il y a Céleste FC qui s’est hissé parmi les 5 premiers, personne ne leur accordait une chance. Nous allons nous préparer en fonction des adversaires. On ne joue pas tous les matchs de la même façon, sinon, vous allez jouer à contre-courant.

Foot RDC : Revenons en arrière ! En 2017, vous amenez le club au plus haut niveau sur le plan national, la demi-finale de la Coupe du Congo. Vous êtes éliminés par Maniema Union. Cette expérience a-t-elle pesée dans la balance de la décision du comité ?

Honoré Nkulu : Notre passage à Kindu en 2017 a donné du goût à Panda pour jouer la Ligue 2 et la Ligue 1. Nous avons laissé une ossature que Musakulima a trouvé. Une bonne ossature qui lui a permis de faire les résultats. Cette année, c’est pas la même configuration qu’en 2017. J’ai trouvé des joueurs que je n’ai pas recrutés et avec qui nous n’avons pas préparé la pré-saison. Je suis obligé de m’adapter, c’est parmi l’une des qualités d’un entraîneur. Avec le travail, nous pouvons réaliser nos objectifs, rester en Ligue 1. On ne peut pas rêver jouer les interclubs, c’est une utopie. 2017, nous a servi ! 2022, c’est un autre challenge que nous acceptons. Il faut que les résultats soient au rendez-vous à chaque match.

Foot RDC : Chaque match est une finale pour vous. Vous êtes un homme de défis, vous l’avez fait même lorsque tout le monde était méfiant envers vos méthodes chez Panda. Est-ce que vous vous sentez à mesure de relever le défi du maintien ?

Honoré Nkulu : Quand j’ai reçu l’appel de Panda, je n’ai pas refusé. Dans tout le Haut-Katanga, Likasi n’a que l’US Panda parmi tous les clubs qui jouent la Ligue 1. Je suis natif de Likasi. Je me suis dit : « Je vais à Likasi, je vais me battre avec l’objectif de maintenir l’équipe en Ligue 1 la saison prochaine avec moi ou avec une autre personne ».

Ce n’est pas facile dans un championnat très difficile avec un niveau très élevé. Nous nous battrons. Nous avons les capacités pour produire du bon spectacle. Nous sommes capables de tout. Il faut que les joueurs s’intègrent au projet de jeu que nous mettons à leur disposition. Un match de foot ce sont les entraîneurs qui s’affrontent. Par procuration, les joueurs nous représentent sur le terrain.

Marco Momo

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