Interview Exclusive : Face-à-face avec Héritier Makambo, la star congolaise d’Horoya AC

Présentement à Kinshasa a cause de l’arrêt du championnat guinéen, Héritier Makambo, attaquant de l’AC Horoya reveint sur son parcours, ses choix de carrière, ses ambitions et sa saison. Plein de maturité, l’ex joueur du DCMP veut tout casser et rêve de l’équipe nationale.

« Bonjour Héritier »

Bonjour !

Comment allez-vous ? Vous êtes à Kinshasa actuellement…

Je vais bien. Je suis à Kinshasa. Un peu bloqué par la situation actuelle.

Que diriez-vous d’Héritier humainement ? Votre parcours, votre ville de naissance…En quelques mots.

(Rires) Je suis Héritier Makambo Aolengi, né dans une famille de 8 enfants dont 6 filles et 2 garçons. Je suis chrétien, baptisé. Sur le plan footballistique, j’ai commencé à jouer au foot dans mon quartier natal à Mokayi. Après j’ai joué Africana Club, New Jack Héritage, Lupopo, DCMP ensuite Young Africans et aujourd’hui à Horoya AC. 1m86 pour 81 kilos.

Comment pouvez-vous vous définir en tant qu’attaquant ? Quels sont vos modèles, à l’étranger et au pays ?

Je suis un attaquant, particulièrement attaquant de pointe. Polyvalent, je peux jouer dos au but ou en profondeur. Mes modèles, à l’étranger c’était Robin van Persie à l’époque (Ancien d’’Arsenal et Manchester United NDLR) et au pays c’était Ruddy Ebengo ancien du DCMP.

Parlons de vos choix de carrière. Après Lupopo, vous êtes parti en Tanzanie et ensuite en Guinée. Pourquoi ces choix, qui parfois étonnent au pays ? Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir ces pays ?

(Réflexions) Personnellement, j’avais besoin d’expérience parce que j’étais déjà au pays avec Lupopo et DCMP. Je me suis dit qu’il fallait essayer aussi à l’étranger et c’est lorsqu’il y a eu d’appel pour jouer en Tanzanie, c’était le moment. Je voulais montrer au pays et à l’Afrique qu’on était là. C’était une opportunité. Après, il y a eu l’offre de Horoya, une équipe que je suivais de près avant, je n’ai pas hésité à y aller.

Par rapport à votre carrière, vous êtes en lice en championnat et en Afrique, quels sont vos objectifs d’ici la fin de la saison, si le football reprenait ?

Personnellement, je pense toujours à jouer au plus niveau possible. C’est le rêve de tout professionnel. Je suis concentré où je suis maintenant mais en voulant aller le plus haut possible. S’il y a d’offres plus intéressantes ailleurs, je ne dirais pas non, honnêtement !

Vous à êtes à Horoya AC, un club huppé en Afrique actuellement, comment ça se passe là-bas après, comment vous vous sentez votre passage en Tanzanie ?

Je me sens bien. Vous savez quand on arrive dans une nouvelle équipe, on oublie le passé parce que si on reste focalisé dessus, on ne peut pas avancer. Je suis fière de là où je suis maintenant.

Parlons de cette expérience. Un congolais en Guinée dans une équipe où vous ne côtoyez pas souvent des joueurs congolais. Comment l’adaptation se passe-t-elle ? Parce qu’Horoya a plusieurs joueurs étrangers dans son équipe…

Bon, on reste des professionnels. Après, c’est un peu difficile de vivre en groupe de différentes nationalités mais on se comprend très bien en restant professionnel. On finit par s’habituer aux gens qui nous entourent. Le changement de pays n’a pas impacté à mes performances parce que dès l’arrivée, l’accueil était bon, chaleureux. Il y avait un groupe pour nous accueillir et cela a permis une bonne intégration dans le groupe. Ça m’a beaucoup facilité l’intégration. Je n’ai pas eu de soucis de ce côté-là.

Comment jugez-vous votre saison jusqu’à maintenant ?

Alors, ma saison n’est pas si mauvaise ni mitigée. J’ai marqué quatre buts en championnat et deux en interclubs. On essaie de s’améliorer et de faire mieux que ce qu’on a déjà fait. Certes, je ne suis pas dans les statistiques que les dernières années. Ça dépend d’une saison à une autre, je veux juste prendre du plaisir et continuer à marquer des buts ;

Vous avez été régulièrement aligné cette saison en tant que titulaire. Quelle relation avez-vous avec lamine N’Diaye ?

Mon alignement, ce n’est pas forcement parce qu’on a une bonne relation mais c’est parce qu’il voit que je peux apporter des choses par rapport à ce qu’il veut. Quand l’entraîneur vous fait confiance, vous essayez de donner le meilleur de vous. Après, humainement on partage des très bonnes relations. Il a été au Congo (NDLR : son passage au TP Mazembe) donc mais quand il s’agit du boulot, on est au travail mais en dehors, on partage des très bonnes relations.

Et que diriez-vous de votre compère en attaque, Aristide Bancé, une légende continentale. Quelles sont vos relations avec lui sur et en dehors de terrain ?

Je commence par le dehors de terrain. Déjà on partage beaucoup de temps ensemble parce que nos maisons sont juste à côté ! On a donc le temps de se voir et sur le terrain, on se serre le coude. Il dit de faire quelque chose en attaque et on le fait, une complicité. Il a une expérience que j’ai pas donc on profite de son expérience.

En Guinée, le Horoya est un club huppé. Cette saison, vous êtes la dernière équipe sub-saharienne à être en course en Coupe de la Confédération. Vous voyez-vous soulever ce trophée ?

Oui, on est bien armé pour ça. Je peux dire que notre parcours dépendra de nos qualités et des nos forces, on est en C2 CAF pas pour la jouer mais  pour la gagner. On sait que plus on avance, plus ça sera difficile plus la concentration et le travail seront intense mais l’on est bien armé pour ça. On prie le Bon Dieu de faire des bons matchs contre Pyramids et aller plus loin. On jouera avec l’expérience et le talent que nous avons et je crois que nous jouerons la finale et la remporter.

Pensez-vous à l’Europe ou à l’Equipe nationale ?

Présentement je pense uniquement à Horoya. Pour l’équipe nationale, oui, j’y  pense et je suis prêt.je n’attend que la convocation quand le moment viendra. Je peux pas en dire plus mais voilà.

Vous êtes à Kinshasa actuellement parce que le championnat guinéen est également à l’arrêt. Comment vous vivez cette période ?

C’est un moment dur et difficile. Ça touche le monde entier et on ne s’y attendait pas. On prie Dieu que ça prenne fin le plus rapidement possible pour que les activités reprennent normalement.

Merci pour cette présentation parfaite, que nos lecteurs vont beaucoup aimer. Héritier nous vous remercions pour cet entretien. Nous vous souhaitons de passer un bon moment à Kinshasa et une bonne suite de la saison.

C’est à moi de vous remercier pour la considération. Merci.

Entretien réalisé par Elisha Iragi pour Footrdc.com

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