Dossier FECOFA : Constant Omari, l’impossible succession : après lui, le déluge ? (épisode 4/5)

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Constant Omari a démissionné du poste de président de la FECOFA depuis juin 2021. Les élections prévues en décembre pour élire son successeur n’ont plus eu lieu, la fédération a été mise sous tutelle par les instances internationales et les réformes attendues ne viendront que dans la deuxième moitié de l’année. En coulisses, plusieurs prétendants peaufinent leur dossier pour être prêts à l’heure.

Passer dix-huit ans à la tête d’une fédération n’arrive pas toutes les décennies. Quand il sait que l’heure de partir a sonné, Omari sait que sa succession sera l’enjeu principal en décembre 2021 prochain. D’abord poussé vers la sortie suite au couac sportif à propos de la CAN, Omari n’a pas pour autant précipité son départ.

« Après moi, ce n’est pas le déluge »

«Je voulais partir après la non-qualification de la RDC à la CAN 2021 (qui démarre ce 9 janvier au Cameroun), mais cela aurait été mal perçu. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer un nouveau projet avec Hector Cuper et toute l’équipe autour de nous. Je ne suis pas venu pour devenir éternel à la tête de la FECOFA», déclarait-il aux journalistes.

Quelques mois plutôt, il avait déjà avoué que son successeur aurait du pain sur la place, malgré les voix qui exigeaient sa démission. «Pour les compétitions, nous avons créé un championnat d’élite, c’est un héritage à développer et à perfectionner. Après moi, ce n’est pas le déluge,» lançait-il, comme pour imprimer son empreinte sur le potentiel successeur. « La FECOFA n’a pas les moyens ni pour construire ni pour réhabiliter les stades. Il n’y a pas de politique sportive nationale en RDC. Je n’ai pas ma langue dans la poche et je vous le dis. »

Un départ et un vide

En quittant la fédé, M. Omari laissait une Commission chargée de reformer les textes de dont on Règlements Généraux et Sports et le Code Disciplinaire. Donatien Tshimanga, son successeur ad intérim se trouvait propulsé sur le-devant de la scène malgré lui. Les observations pour connaître les premiers à déclarer leurs candidatures pour le poste s’avérèrent veines. Personne ne sortait pour réclamer le poste tant désiré. Quelques rumeurs à gauche et à droite, mais rien d’officiel. Jusqu’au premier septembre, et la candidature officialisée de Michel Kasavubu, personne ne manifestait son intérêt.

Le départ, précipité par la FIFA, de Constant Omari laissait place aux interrogations. Que deviendront, sans ses interventions, les projets de rénovation des stades ? Quid de la numérisation des données pour une administration plus fluide ? Son successeur sera-t-il l’homme qu’il faudra pour diriger le football congolais vers son objectif ultime d’être qualifiée pour le Mondial Qatar 2022 ? «Je voudrais que les Congolais se montrent courageux, car c’est une chance de passer un coup de balai au sein de notre football,» affirmait déjà François Kabulo Mwana Kabulo, célèbre journaliste sportif de la RTNC (chaîne nationale) et critique du système institué par le natif de Bukavu.

La fédération mise sous tutelle

Fin novembre 2021, les dirigeants de la FECOFA fixaient la date du 28 pour choisir un nouveau comité exécutif. André Kimbuta, Max Moké et quelques fois Frédéric Kitengie, ont été cité parmi les intéressés pour le poste. Cependant, les statuts de la fédération les empêchaient. En coulisses, les candidats exclus, dont Bestine Kazadi, la présidente de l’AS Vita Club, et plusieurs anciennes gloires du football congolais, se liguaient pour dénoncer la situation aux instances internationales. « Omari avait placé ses pions pour organiser des élections non conformes pour préparer son retour, » nous a confié une source.

Dans la foulée de dénonciations, la FIFA et la CAF exigeaient le sursoit des élections. Puis eut lieu une réunion tripartite Fécofa-Fifa-Caf jeudi 2 décembre au Caire. À l’issue d’un va-et-vient, Veron Mosengo, secrétaire général de la Caf, installait deux membres au sein du comité exécutif de la fédération à Kinshasa, Dieudonné Sambi Célé, chargés des Affaires financières et de Me Kabeya Muana Kalala en matières juridiques. Pour François Kabulo Mwana Kabulo, si l’instance africaine ne l’évoque pas, la Fécofa est « mise sous tutelle ».

La réforme c’est maintenant

Pour la CAF et la FIFA, les dirigeants congolais doivent revoir le mode de fonctionnement de l’institution. « Il faut moderniser les statuts de la fédération et lui donner les outils modernes pour appliquer facilement le principe de la bonne gouvernance, » indiquait Véron Mosengo, rapporte le site Footrddc.com. Ensuite, l’aspect financier ne reste plus sous la direction de la fédération. Un modèle « différent de fonctionner. C’est une nouvelle collaboration, » insistait la CAF.

Ce travail de réforme de texte exclura notamment la condition, pour ceux qui veulent candidater au poste de président de la fédération, d’avoir dirigé une entité sportive dans le passé. Les prochains mois seront révélateurs quant au processus et à la préparation de cette succession, qui semble plus que jamais impossible. Mais jusqu’à quand ?

Retrouvez les précédents épisodes de la série FECOFA-Omari : un dossier lourd de 18 ans, ici

Iragi Elisha


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